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Les non moins extraordinaires aventures

Les non moins extraordinaires aventures

Maga

Trois destins : Monsieur R., comptable homosexuel qui s’ignore. Sylvie, jolie serveuse, la trentaine, sportive, romantique, aime les oiseaux ; de temps à autre, elle se fait sauter, mais ça ne dure jamais très longtemps.

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Livre d’artiste : Épilogue Et dieu dans tout ça ?

Ajouté le 21/03/2011

Curieux objet. Austère comme un missel, sévère comme un livre de comptes. Noir. Peu attrayant, quoique… Si la curiosité l’emporte sur le détachement, alors c’est la récompense. Épilogue du Suisse Patrick Moser et du Boulonnais David Delcloque est une surprise réjouissante pour peu qu’on en soulève la couverture noire soutane. La bande dessinée qu’ils ont publiée est pleine d’humour et de talent. Elle commence par la fin du monde, un bang terrifiant, un bang rouge radioactif. « Pas trop déçu ? » dit le diable à dieu. « À ton avis ! » répond dieu au diable.

LES ÉCHOS DU PAS-DE-CALAIS

Les dialogues sont piquants, acérés, intelligents. À la portée de ceux qui s’intéressent un peu à la bible, de ceux qui se posent – ou pas - des questions sur le monothéisme, sur la religion. Et Jicé dans tout ça ? Et bien, il aimerait volontiers faire son come-back ! Si l’ouvrage est drôle, il n’est pas un pamphlet « et ne veut surtout pas nuire », il fait sourire. David Delcloque est très doué pour ça.
Pas question pour l’artiste de s’arrimer à un style et de n’en pas changer. Le jeune plasticien tente toutes les expériences. Avec réflexion, attention. Alors qu’en son temps (il y a plus de quatre ans), il avait donné au vent des plages des étendues de plastique blanc et entouré les arbres de cellophane dans des land-arts monumentaux, le voici à recopier avec minutie des polices de caractères gothiques sur un livre d’art noir, qui semble un missel du xixe siècle. Il transcrit une conversation entre le diable et le bon dieu. Entre le noir et le blanc. Entre le rouge aussi, aussi rouge que le sang de J.-C, Jicé. Les dialogues, réjouissants, ont été écrits par Patrick Moser, auteur suisse qui s’amuse. « C’est un texte drôle même si les illustrations sont froides », commente son compère plasticien. David Delcloque s’est inspiré de la phrase « Dieu a fait l’homme à son image » pour faire les siennes, d’images. Il a créé ses personnages avec des empreintes digitales, comme s’ils étaient modelés dans la pâte. Résultat : ils ressemblent à des ectoplasmes de formes plus ou moins variables, noirs et blancs… qui passent du noir au blanc. À terme (c'est-à-dire à la fin de l’histoire) le dieu et le diable – le bien et le mal – se confondent. L’ouvrage peut être lu au premier degré, puis aux autres avec, pour chaque lecteur, les références bibliques, philosophiques qu’il souhaite. La BD peut être parcourue hâtivement et en souriant, mais aussi lentement, en la dégustant. Alors, on découvre des détails savoureux, gouleyants, depuis la page de garde contrecollée jusqu’aux derniers mots de l’histoire.

Épilogue
ISBN 978-2-940-346-35-6
Disponible à la librairie de l’Horizon ; au Petit Cargo ; au Forum (Boulogne-sur-Mer)
ou sur commande : www.castagnieee.com

Marie-Pierre Griffon - photo Steeve Vrielynck
L'Écho du Pas-de-Calais n°115
Mars 2011

Graphiste, David Delcloque multiplie les expériences sans s'enfermer dans un style

Ajouté le 11/02/2011

« Expérimenter le visuel en général » : c'est le but du graphiste David Delcloque. Ce Boulonnais touche-à-tout travaille aussi bien pour des musiciens que pour des auteurs. Dernière expérience : les illustrations d'« Épilogue », une BD qui vient de paraître.

PAR CÉLINE RUDZ La Voix du Nord, 3 février 2011

À 30 ans, David Delcloque a déjà un sacré parcours derrière lui. Le jeune homme a réalisé des visuels pour les Malins Plaisirs et le groupe Moriarty, exercé comme plasticien en créant des installations en cellophane. Il a conçu la déco du dernier Poulpaphone - en recouvrant des murs de papier peint - ou encore participé à l'organisation et mixé pendant les Agoraphones, « Je suis graphiste indépendant depuis 3 ans, souligne David. Avant, je travaillais en agence, mais ça ne me convenait pas ». La recherche, plastique comme esthétique, le fait avancer : « J'aime réfléchir pour arriver à une forme, ne pas appliquer des codes préconçus. Je n'ai pas envie de m'enfermer dans un style ».

C'est lors de sa cinquième année d'études à l'ECAL (École d'arts et de design), à Lausanne, que David a rencontré l'écrivain Patrick Moser. « Patrick a un style assez cynique mais pas agressif, second degré, avec beaucoup de références. En 2005 il a écrit un texte sur Dieu et le Diable, qui m'a plu. J'ai voulu en faire une BD ». En 5 ans, leur projet a évolué, le texte a changé. Épilogue est paru il y a quelques semaines.

« La mise en page, la couverture en cuir, l'écriture un peu gothique font référence à l'univers du livre religieux », souligne le graphiste. Pour illustrer les mots de Patrick Moser, David a utilisé ses empreintes digitales : « La religion dit que Dieu nous a modelés à son image. J'ai essayé de montrer ce modelage avec mes doigts, en travaillant sur la finesse, la précision ». Il en résulte des personnages parfois flous, impalpables, parfois plus nets.

La religion monothéiste est au coeur d'Épilogue : « C'est une réflexion, pas un pamphlet. Une discussion entre Dieu et le Diable, entre le bien et le mal, sur la recréation du monde : l'humanité vaut-elle le coup d'être refaite ? Le livre pose des questions sur la vie humaine, sans être culpabilisant ».

David Delcloque a déjà plusieurs projets en tête : avec Patrick Moser, l'histoire d'une « petite veste qui passe d'avant-garde à ringarde, avant de connaître un "revival" : je vais utiliser six typographies différentes ». Il planche également sur « une recherche personnelle sur le camouflage de l'érotisme ».

Autant de pistes pour continuer à expérimenter le visuel...

A propos de l'étonnant ouvrage de Patrick Moser et David Delcloque

Ajouté le 08/02/2011

PAR JACQUES HERMAN 

Coup de coeur pour tout : le récit, le dessin, le graphisme, la structure, l'écriture, le non-dit, l'à peine suggéré, l'impalpable qui surgit des arrières-boutiques de nos arrières-pensées et qu'un éclair vivifiant chargé de toutes les promesses de vie traverse comme la goutte d'eau salée la plage de sable fin que les touristes à cette heure ont désertée.

Le livre est un chef-d’œuvre de conception technique. Nous sommes paradoxalement au coeur du littéraire alors que l'orchestration des mots semblerait contredire cette vérité tout aussi évidente que la pipe de Magritte n'en est pas une mais qu'elle est beaucoup plus qu'une pipe, comme un élément de la vérité éternelle ou comme ce Fils, incarnation du Père, qui nous rappelle que Picasso fut l'incarnation du cubisme et Guillaume Tell de la Suisse première, alors qu'ils n'étaient eux-mêmes ni le cubisme pour le premier, ni la Suisse pour le second.

Et après tout, tant pis pour ceux qui n'ont pas encore compris que les empreintes lourdes d'encre d'imprimerie sont savamment posées dans l'Epilogue pour accomplir les miracles de la jonction du Verbe qui était au commencement selon la péricope johannique et de l'imposant silence que le ciel vient adombrer jusqu'au silence final : la fin de l'histoire est sans parole !

Un livre magnifique comme on dit « Laurent le Magnifique » et avec l'assurance tranquille que celui-ci eût aimé ce livre s'il avait eu le bonheur en son temps de découvrir cet Epilogue dont nous devons le texte à Patrick Moser et les illustrations à David Delcloque. Editions Castagniééé, Vevey, 2009. L'iconoclasme est un art s'il construit des images nouvelles faites de poussière d'étoiles tandis que nos stupides semelles se noircissent de celle qui, tombée au sol, n'a pas su s'élever. A moins que, pire encore, elle ne l'ait pas voulu.

Un grand livre qu'il faut avoir le courage de lire en ne se prenant que pour soi-même, c'est-à-dire à l'écart, ô combien, des sales petites machines à écrire qui ne permettent d’aligner que les trois lettres « m », « o », et « i » et que nous devons impérativement laisser - c'est vital ! - aux imbéciles heureux et aux arrogants.


Le Temps 20 janvier 2010

Ajouté le 22/01/2010

Votation sur le 2e piliers: Avenir suisse publie deux ouvrages

Par gf hl vey

Lausanne/Zurich A six semaines de la votation fédérale sur le taux de conversion du 2e pilier, Avenir suisse publie deux ouvrages sur la prévoyance professionnelle. Outre une brochure, le boîte à idée du monde économique suisse propose aussi une bande dessinée expliquant le sujet au jeune public.

Intitulée "La cinquième variable", la BD de Christophe Badoux est un roman policier, a indiqué Avenir suisse. Dans cette histoire, une caisse de pensions tente de remplir de manière inappropriée ses prestations pour les retraités.

Le titre de l'ouvrage fait allusion aux cinq éléments qui déterminent le montant final de l'avoir vieillesse: l'âge d'entrée, le montant des cotisations, le rendement des placements durant la phase d'épargne et de consommation, l'âge de la retraite et l'espérance de vie.

La brochure "Le deuxième pilier en plein dilemme" est, pour sa part, l'oeuvre de Martin Janssen, professeur à l'Université de Zurich. Elle explique les principes clefs des avoirs vieillesse en soulevant les enjeux actuels du système des caisses de pensions. Les deux ouvrages paraissent en français et en allemand.

24 heures / Tribune de Genève 20 janvier 2010

Ajouté le 22/01/2010

RETRAITES | L’album commandé par Avenir Suisse lève le voile sur les arcanes des caisses de pension par le biais d’une enquête policière.

Un directeur au bord de la dépression, un administrateur entreprenant, une commissaire blonde et pulpeuse… Non, il ne s’agit pas de la Poste suisse, mais des personnages de La cinquième variable. Avec cette BD commandée par Avenir Suisse, le dessinateur et scénariste Christophe Badoux relève le défi d’expliquer le 2e pilier aux jeunes. 

Une intrigue passionnante

«J’ai exploré différentes idées: science-fiction, conspiration… mais le 2e pilier est bien réel, explique l’auteur. Finalement, j’ai opté pour une intrigue policière.» Après deux pages plutôt touffues, le lecteur plonge dans une intrigue passionnante: une caisse de pension qui trafique ses résultats de manière assez pittoresque.

Pour comprendre et vulgariser cette matière complexe, l’artiste d’origine vaudoise s’est associé à Martin Janssen, professeur au Swiss Banking Institute de l’Université de Zurich. Les cinq variables qui gouvernent les rentes du 2e pilier sont donc abordées de manière ludique, sans lourdeurs didactiques et avec force clins d’œil aux bédéphiles. Pour ceux qui désirent aller plus loin, le professeur a rédigé une brochure, intitulée Le deuxième pilier en plein dilemme .

Directeur romand d’Avenir Suisse, Xavier Comtesse réfute toute intervention dans la votation du 7 mars sur le 2e pilier. «L’album aurait dû sortir l’automne dernier, mais l’élaboration s’est révélée plus longue que prévu.» De manière générale, le centre de réflexion de l’économie a pour vocation de «poser les enjeux et lancer les discussions, mais pas d’intervenir directement dans les campagnes».

Pour s’adresser à un large public, le choix a porté sur la BD plutôt que sur le manga ou les réseaux sociaux, dont l’audience est plus cloisonnée. Tiré à 10 000 exemplaires au total pour les versions française et allemande, l’album est destiné aussi bien aux écoles qu’au grand public.

«La cinquième variable», Ed. Castagniééé, 29 fr. 80 avec la brochure. En librairie et chez Avenir Suisse.